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Le premier métier peut constituer un tremplin vers le second. Quant au second, il peut difficilement œuvrer sans le travail du précédent… Comptable, Contrôleur de gestion nous nous intéressons aujourd’hui à deux métiers qui font la paire et forment les maillons d’une seule et même chaîne : le service financier. Jusqu’à oser dire qu’avec eux « les bons comptes font les bons amis » ? Pourquoi pas, chacun y a son intérêt… Explications !

Pour s’assurer de bien comprendre les apports réciproques de ces deux métiers, rappelons-les bases et fondamentaux de chacun d’entre eux.

Comptable

Son but ? Répondre à cette question qui revient inlassablement : « À la période indiquée, l’entreprise gagne-t-elle ou perd-elle de l’argent ? ». Et pour étayer sa réponse, se baser sur une situation établie par ses soins grâce à l’enregistrement des factures, à l’observation des dépenses et au passage des provisions utiles. Rigueur et précision sont ses armes pour présenter des chiffres exacts dont il est d’ailleurs souvent en capacité de faire lecture (voire d’en proposer des interprétations à des fins analytiques et stratégiques), même si cela ne relève généralement pas de ses attributions classiques.

Contrôleur de gestion

C’est à partir du travail du comptable et des « situations » établies par ce dernier que le Contrôleur de gestion entre en piste. Son objectif à lui sera d’expliquer les résultats, positifs comme négatifs. En contact avec la direction financière, il participera à la fixation des objectifs et à l’élaboration des budgets. Il analysera aussi les résultats pour éclairer les orientations stratégiques. Le dirigeant ou son supérieur hiérarchique (souvent le Responsable Financier ou le Directeur Administratif et Financier) fera appel à sa logique supposée implacable pour apporter des réponses et offrir à l’entreprise une vision plus large.

« Tout est dit, ou presque, dans l’intitulé du job », note Sébastien D., ancien Contrôleur de gestion devenu RAF pour le compte d’un leader européen du BTP. « Contrôler équivaut à surveiller. Quant à l’art de la gestion, cela requiert le management des équipes et le suivi des indicateurs, mais aussi mise en place d’outils de suivi performants permettant de surveiller des indicateurs divers », explique ce professionnel aguerri, en prenant soin de préciser que la gestion suppose aussi « et de plus en plus » selon lui, une capacité à se projeter sur l’activité à court, moyen et long terme en fournissant aussi des recommandations à la direction. Bref, des solutions pour ceux qui se plaisent à penser que la vérité se trouve dans les chiffres.

Bilingue, dans la mesure où il doit maîtriser à la fois le langage des opérationnels et celui des comptables, c’est au Contrôleur de gestion que revient la mission de faire parler les chiffres.

CA-PI-TA-LI-SER !

On pourrait s’amuser à emprunter à leur jargon professionnel, ce verbe, « capitaliser », pour définir leur relation. Au Contrôleur de gestion, donc, de s’appuyer sur le travail du comptable pour satisfaire ses objectifs. Au comptable de tirer enseignement de l’expérience de son supérieur (le lien de subordination est monnaie courante) pour monter en compétences et un jour, s’il en a le souhait, occuper un poste équivalent. La formation continue offre d’ailleurs aux comptables de belles opportunités d’évolution à ce sujet. (En savoir +) De bonne guerre, le Contrôleur de gestion aspirera généralement, lui aussi, à évoluer à un poste de Responsable de service.

Retenons cette distinction, que décrit le site spécialisé revue-banque.fr : « Le comptable est responsable de la chaîne de recueil et de traitement de l’information qui permet d’établir les états financiers de l’entreprise. Il peut être en charge aussi bien de la paie que des états de synthèse centraux. Son travail consiste à s’assurer que les canaux comptables sont alimentés à bonne date, mais il doit aussi vérifier la qualité et la fiabilité des informations financières et fiscales. Le contrôleur de gestion, par ses analyses de coût et d’organisation, a une vue d’ensemble soit sur une unité, soit sur l’ensemble de la structure. Dans les grands établissements, les systèmes de facturation interne dont il a la charge permettent de responsabiliser les différentes unités. Dans de plus petites structures, il peut avoir une grande influence : ses diagnostics auront beaucoup de poids dans les décisions de la direction générale ».

Points communs, différences et apports réciproques 

Dans les deux fonctions, l’aisance avec le traitement des données chiffrées est un principe fondamental. L’un propose des chiffres qui font sens avec la réalité, l’autre, leur donne du sens en les analysant. Si de nombreux Contrôleurs de gestion sont en réalité d’anciens comptables, l’inverse n’est pas vrai et la capacité à gérer des données ne suppose pas toujours des qualités d’analyse fiscale, par exemple, dont peuvent disposer des comptables spécialement formés. Quand le comptable dit « maintenant », le Contrôleur de gestion pense « demain ».

Mais que peuvent vraiment espérer faire l’un sans l’autre ? Il n’y a pas d’avenir sans trésorerie, ni de trésorerie qui ne soit, au moins pour partie, le fruit d’une vision prospective de l’activité. Et supposément, plus l’entreprise croît, plus elle émet de factures et génère des dépenses, qui ont besoin d’être comptabilisées, mais aussi analysées… et ainsi de suite. Le pire scénario ? Un grain de sable dans cette mécanique bien huilée, qui viendrait à faire s’opposer Comptable et Contrôleur de gestion, l’un rendant l’autre responsable de ses erreurs. Voilà pourquoi ces deux professionnels, bien qu’agissant selon un lien de subordination, ne doivent pas oublier qu’un dialogue franc est la clé de leur succès. Les chiffres sont têtus, mais l’homme l’est tout autant !

En résumé 

Un contrôleur de gestion est essentiellement un chef de la comptabilité d’une entreprise. Il est considéré comme un membre du personnel de direction et joue généralement un rôle essentiel dans l’organisation. On fait appel à lui pour son expertise sur les investissements, les relations avec les créanciers et la gouvernance d’entreprise. Généraliste par vocation, sa logique est en cela inverse à celle du comptable, qui sera d’autant plus apprécié et performant, qu’il se spécialisera dans un domaine. Le duel entre généraliste et spécialiste n’aura donc pas lieu, l’équilibre reposant sur une stratégie différente, mais cohérente, entre ces deux professionnels. Et seule l’éthique, garante de bonnes pratiques professionnelles, permettra d’assurer à ce « couple » professionnel de belles et fructueuses années de collaboration.

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