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De la grande distribution aux petits commerçants, les métiers du commerce et de la vente recrutent massivement. Quelles sont les réalités de ce secteur ? Qu’attendent les professionnels ? Décryptage avec Lionel Saugues, Président de la Fédération Française des Associations de Commerçants et Vice-Président de la Confédération des Commerçants de France.

Le commerce en France, c’est près de 700 000 entreprises, plus de 3 millions de salariés, et plus de 1 300 milliards d’euros de chiffres d’affaires d’après l’INSEE…  Une vue d’ensemble qui recouvre de grandes disparités, car s’il existe des mastodontes de la grande distribution, la quasi-totalité des entreprises du commerce sont des microentreprises ou des petites et moyennes entreprises. Ces dernières emploient la moitié des salariés du secteur quand ce sont les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire qui réalisent la majorité du chiffre d’affaires global.

 

Une pénurie de talents inquiétante

« Le commerce est un acteur économique majeur de notre pays, résume Lionel Saugues. Et c’est l’un des secteurs d’activité qui a le plus de besoins en matière de recrutements. Ce sont plus de 130 000 postes qui sont à pourvoir aujourd’hui ! Et je ne compte pas les emplois dans l’hôtellerie-restauration… » Un manque de main d’œuvre qui n’est pas sans conséquence. « Les enjeux sont extrêmement forts en termes de maintien d’activité. Certains commerçants sont contraints de réduire leurs horaires d’ouverture au public. Des professionnels pourraient aussi augmenter leur activité, mais ne le font pas, car ils n’arrivent pas à recruter. »

Comment expliquer une telle pénurie de candidats ? « Certaines personnes ont de plus en plus de mal à accepter des horaires décalés, tard le soir, ou pendant le week-end et les vacances, estime le président de la FFAC. Pour certains métiers, comme les métiers de bouche, s’ajoute aussi la question de la pénibilité. Ce sont des conditions de travail qui ont un impact sur les rythmes de vie, sur les choix de vie. Et j’ai l’impression que la nouvelle génération a un peu plus de mal avec ces problématiques-là. À mon sens, il y a un gros travail de pédagogie à faire. »

 

Le secteur commercial : un secteur en mutation

Pourtant, le secteur commercial ne manque pas d’attraits ! « C’est un secteur dynamique, où les relations humaines sont extrêmement importantes. Le commerce, ce sont aussi des opportunités d’évolution assez rapides. » Surtout que le commerce vit de profondes mutations liées à la transition écologique et aux nouvelles technologies. Deux dynamiques enclenchées depuis plusieurs années déjà, et qui ont connu un coup d’accélérateur avec la pandémie, à l’image du e-commerce. D’après le rapport de la FEVAD (Fédération e-commerce et vente à distance), les ventes en ligne ont ainsi dépassé les 129 milliards d’euros en 2021, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2020 et de près de 25 % par rapport à 2019. Ces transformations entraînent non seulement l’adaptation des activités existantes, mais aussi l’apparition de nouveaux métiers.

« On parle beaucoup du commerce avec les métiers traditionnels de vendeurs et de vendeuses, mais il y a aussi les métiers émergents comme les webmasters, souligne Lionel Saugues. Individuellement ou collectivement, les commerçants embauchent des experts du numérique. » Mais le constat reste le même, qu’il s’agisse des métiers « traditionnels » ou « émergents », le commerce a les plus grandes difficultés à recruter et à fidéliser sa main d’œuvre.

 

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Quelles solutions ?

Pour le Président de la Fédération Française des Associations de Commerçants, plusieurs facteurs pourraient fluidifier le marché de l’emploi dans le secteur du commerce. Tout d’abord, une réflexion globale sur l’attractivité du travail, mais aussi, un meilleur accompagnement des entreprises. « Il faut que les pouvoirs publics se mobilisent collectivement sur les territoires, notamment pour être dans une logique d’interlocuteur unique, afin de faciliter la vie des petites entreprises qui, aujourd’hui, sont en contact avec plusieurs acteurs : les chambres consulaires, les missions locales, Pôle emploi… »

Les chefs d’entreprise sont aussi appelés à une prise de conscience. « Quand c’est possible, nous devons aussi faire collectivement des efforts en matière de confort de travail au quotidien, d’horaires, de salaires et d’intégration, notamment des plus jeunes. »

Enfin, « l’apprentissage est un levier extrêmement important, insiste Lionel Saugues. Pour un apprenti, la force du commerce, c’est d’être généralement dans une entreprise de taille humaine, avec une ambiance de travail qui est agréable, quasi familiale. Les commerçants ont, quant à eux, l’habitude de faire appel à des apprentis, d’accompagner la formation des jeunes, de les suivre dans la durée. C’est aussi un bénéfice financier, puisque la charge de fonctionnement est moins coûteuse. Mais c’est surtout la capacité de fidéliser des salariés. L’expérience nous montre que quand l’apprentissage se passe bien, l’apprenti reste chez son employeur et évolue. C’est gagnant-gagnant ! »

 

Êtes-vous fait pour travailler dans le commerce ?

« Dans le commerce de proximité, avoir quelqu’un de motivé, qui a envie de travailler, qui n’a pas peur de faire des horaires décalés, qui a le sens de l’échange et de la relation humaine, c’est le principal ! » Les qualités clefs du bon commerçant sont rapidement dressées par le professionnel qui observe une nouvelle tendance chez les recruteurs. Ces derniers délaissent les diplômes et les CV pour se concentrer sur la personnalité et les compétences personnelles. Pour autant, Lionel Saugues reconnaît les mérites des formations et écoles spécialisées, car d’autres compétences sont précieuses dans le milieu, telles que le sens de l’organisation, la comptabilité ou les techniques de vente.

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