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Management : et si la clé, c’était l’intelligence émotionnelle ?

Publié le 7 juin 2022 - Mis à jour le 4 juillet 2022

Souvent abordé d’un point de vue technique ou purement normatif, le management représente un sujet d’étude fascinant, que Jean-Marc Bussy, formateur ifocop, a fait sien au point de développer une « intuition fine » du sujet. En d’autres termes, grâce à une compréhension des mécaniques émotionnelles humaines, le voilà aujourd’hui capable d’accompagner les managers et dirigeants en difficultés dans une conduite au changement efficace. Et cela, simplement en faisant appel à ce que l’on appelle l’Intelligence Émotionnelle (IE). Retrouvez ici la synthèse de la très instructive dernière Masterclass ifocop.

CV EXPRESS

Jean-Marc Bussy

Expérience / 30 ans d’expérience en Ressources Humaines, dont 10 en tant que DRH

Le chiffre / 1500 personnes formées en management et sur de nombreux thèmes RH

Spécialités / Recrutement, GEPP, droit du travail, contrôle de gestion sociale…

Tombé dans la marmite tout petit / « J’ai toujours cette flamme, cette passion qui m’anime au quotidien pour ce métier si riche, notamment en belles rencontres ».

Comment il résume son métier / « Je conseille et accompagne les entreprises dans tous les domaines RH, je forme aussi des managers, des étudiants et de futurs professionnels RH ».

Son crédo / Humilité et bienveillance

On définit généralement comme « soft skills », l’ensemble des aptitudes et compétences qui se situent en dehors du champ technique et qui nous permettent d’évoluer dans la vie, personnelle comme professionnelle.  L’une d’elles, l’Intelligence Émotionnelle (IE) se révèle un atout formidable dans le monde de l’entreprise et fera l’objet de cette Masterclass ifocop. « La question qui revient souvent, c’est de savoir pourquoi il est essentiel de mettre l’Intelligence Émotionnelle au cœur des directions RH, indique Jean-Marc Bussy, un poil dépité de constater que la question des compétences interrelationnelles soit automatiquement cloisonnée aux seuls services de Ressources Humaines. Se préoccuper d’autrui, ça concerne tout le monde, y compris la Direction Générale, non », interroge-t-il ?

Il rappelle quelques chiffres :

  •  À l’échelle mondiale, seule 20% de la population des employés se considèrent « engagée » dans son travail. Ce qui signifie donc que 80% ne se sent pas vraiment impliquée… voire se définit comme activement désengagée.
  • À 32% des salariés en poste se disent « épanouis au travail », révèle l’institut Gallup (étude menée au niveau mondial). En France, ce chiffre grimpe à 42%, mais cela reste faible.
  •  À la question « L’an dernier, avez-vous eu des opportunités d’apprendre et de grandir au travail ? », il n’y a que 7% des Français qui répondront favorablement. 18 pays d’Europe furent interrogés en 2019… La France arrivera en 17e position. Et la crise Covid n’améliorera pas la situation.

De là à parler de la faillite mondiale du management ?

Sans dresser un bilan définitif, Jean-Marc Bussy posera tout de même la question, rappelant que selon une étude conduite en 2019, 88% des salariés européens souffriraient de stress au travail. Pour 71% d’entre eux, de façon ponctuelle, mais pour 17% du panel, quotidiennement. Un chiffre inquiétant, surtout à la lecture de celui-ci : 66% des interrogés estiment que leur(s) managers « s’en moque(nt) sincèrement ».

Que faire, donc ?

Deux psychologues américains se sont très tôt posé la question, théorisant longuement. Il s’agit de Peter Salovey et de John Mayer. Mais celui qui contribuera à populariser le sujet, c’est Daniel Goleman, dont l’ouvrage « Analyser et contrôler ses sentiments, ses émotions et celles des autres » est un best-seller mondial. Deux tomes, 900 pages au total. Certes, un sacré pavé. Mais une bible, au demeurant.

L’intelligence émotionnelle à la rescousse

L’IE se résume en quatre attitudes à développer », résume Jean-Marc Bussy.

  •  Numéro 1 / la connaissance émotionnelle de soi

Accepter ses émotions, savoir les reconnaître, les nommer et distinguer les comportements qui en dérivent. Avant de lire la phrase suivante, tentez de les lister. Il y en a 6 au total : la colère, la peur, la tristesse, le dégoût, la surprise et la joie.

Une situation identique, peut se traduire par mille émotions, propres à l’identité et au passif de chacun »

  •  Numéro 2 / la gestion émotionnelle de soi

« Vivre des émotions est normal. Les laisser nous dominer ne l’est pas », analyse Jean-Marc Bussy. Prenons un exemple simple : la colère. Être fâché et l’exprimer n’a rien de critiquable. Par contre « se mettre en colère » et « péter les plombs », si ! Prenons l’exemple fictif de Michel, manager lambda qui pense avoir réussi sa vie grâce à ces signes « qui ne trompent pas » : une compagne docile, deux enfants qui font des études, un salaire coquet et un joli SUV… Sauf que, sans être un mauvais bougre dans le fond, c’est un piètre manager. Il a qualifié sans le moindre scrupule sa dernière recrue de « tanche intersidérale », qui plus est, devant tout le monde et en criant !

Michel, si tu lis ces quelques lignes, peux-tu nous rappeler qui l’a recrutée, cette « tanche » ? Ha, c’est toi… « Tu as commis une erreur », dis-tu… OK, doit-on alors, à notre tour, te crier dessus pour te le faire remarquer ? Rassure-toi Michel, nous serons bienveillants. Nous te rappellerons simplement qu’hurler, ce n’est pas affirmer son autorité. Qu’agir ainsi n’inspire aux autres que du mépris et de la colère et que la terreur entraine la terreur. Car oui, crier sur l’un… c’est crier sur tous !

  •  Numéro 3 / la connaissance émotionnelle d’autrui

Elle nécessite la faculté d’empathie, c’est-à-dire la capacité à ressentir ou à se connecter aux émotions des autres. « Le secret du succès, s’il existe, c’est la faculté de se mettre à la place de l’autre et de considérer les choses de son point de vue autant que du nôtre », écrira l’auteur Dale Carnegie en 1936.

  • Numéro 4 / l’influence émotionnelle sur autrui

Entretenir une relation harmonieuse avec autrui, l’aider à soigner son mal-être. À la manière d’un psy en quelque sorte.

Quelques outils

  •  L’écoute ACTIVE : les yeux, les oreilles, le corps. On estime qu’adopter une écoute active, c’est ne parler que 20% au cours d’une conversation et écouter 80% du temps. En bref, n’intervenir que pour accompagner et relancer son interlocuteur. Rappelons aussi qu’en communication, le sens des mots ne représente que 7% du message. Les 93% qui font toute la différence se situent au niveau du paraverbal : intonation, rythme, tonalité… Petite astuce complémentaire donnée par le Dalaï Lama en personne : « Si tu veux connaître quelqu’un, n’écoute pas ce qu’il dit, regarde plutôt ce qu’il fait ».
  • L’observation : le visuel, le kinesthésique, l’auditif, l’olfactif

Le stress se voit, s’entend, se sent, se perçoit ! Alors calibrez. Cela vous aidera à donner du sens aux fruits de votre observation. Généralement, ces indices indiquent un état interne précis. « Observer le mouvement des yeux de votre interlocuteur vous donnera accès à de très précieuses informations. Les créateurs de la PNL ont montré qu’il existe un lien entre le mouvement des yeux et le canal sensoriel », rappelle Jean-Marc Bussy. Son conseil si vous souhaitez creuser le sujet : se plonger dans l’excellent « Ces gestes qui nous trahissent », par Joseph Messinger, aux éditions « J’ai lu ».

Si tu veux connaître quelqu’un, n’écoute pas ce qu’il dit, regarde plutôt ce qu’il fait »

  • La synchronisation : faites le test, vous serez surpris du résultat : il suffit d’adopter le mode de communication de son interlocuteur pour qu’en quelque secondes les émotions s’accordent et tout le monde se détende. En politique, on appelle cela la « congruence ». Souvenez-vous de Martin Luther King galvanisant les foules avec un simple « I have a dream ». La concordance entre ce que vous vivez à l’intérieur de vous (pensées, sensations, émotions) et ce que vous faites vivre à l’extérieur de vous (votre discours, votre comportement, votre attitude) est la qualité commune à tous les bons orateurs.

Conclusion

Ne pas avoir d’émotion, c’est être mort.

Souffrir d’alexithymie, c’est manquer totalement de conscience de soi

Prendre conscience de soi, c’est faire corps avec ses émotions et mieux les maîtriser.

Maîtriser ses émotions, c’est possible avec les bons outils.

 

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