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Comment convaincre quand on est senior en reconversion ?

Connaissez-vous ce proverbe africain qui dit que si l’homme jeune marche plus vite, l’ancien, lui, connait la route ? Il est en tout cas très significatif du parcours d’Anne Zavan, une fringante entrepreneure de 61 ans qui s’est formée sur le retard au métier de Community Manager pour donner à ses projets l’élan nécessaire à leur envol… et surtout combattre à la fois la fatalité (l’impossible retour à l’emploi des seniors) et les préjugés (le numérique, c’est pour les jeunes!). Nous espérons que son témoignage achèvera de vous convaincre qu’en matière d’emploi et de réussite, tout est possible… et que ce ne sera jamais une question d’âge !

L’école est finie, mais la grande aventure entrepreneuriale débute pour Anne, fringante sexagénaire passée par les bancs de l’IFOCOP en 2019 pour se former au métier de Community Manager. D’emblée, son profil peut sembler surprenant : pourquoi choisir, à deux ans de la retraite, de se former ? Qui plus est à un métier du numérique, alors que, reconnaissons-le franchement, on l’imagine davantage destiné à un public plus jeune, voire beaucoup plus jeune ? « Parce que c’est tout bonnement indispensable à notre époque », réagit Anne avec vigueur. Elle comprend malgré tout notre question et explique : « Je disposais d’un solide bagage professionnel en communication-marketing et d’une expérience avérée dans la rédaction de contenu, mais Internet représentait pour moi une feuille blanche. Je ne parle pas de consulter et d’envoyer des mails, bien sûr, ni de naviguer sur Facebook et des moteurs de recherche. Je parle ici de l’usage professionnel qu’on peut faire d’Internet et des réseaux sociaux », précise-t-elle.

« Internet, à nous 2 » 

La difficulté, elle s’y est directement confrontée. Et au début, elle reconnaît, qu’elle a tenté de la contourner. En effet, depuis 2012, Anne est partie prenante d’une association d’aide aux seniors, qui porte sur le thème du mieux vieillir. Initialement au cœur du sujet : les cosmétiques. « Ayant travaillé de nombreuses années dans cet univers, je me suis aperçue que beaucoup de seniors avaient peur de se regarder dans la glace et de se retrouver confrontés à leur image. Cela concerne bien évidemment majoritairement les femmes. J’ai alors décidé, notamment par l’intermédiaire d’un blog spécialisé, de montrer que prendre de l’âge et vieillir en bonne santé, ce n’est pas une malédiction. Qu’au contraire, sur de nombreux sujets, c’était même une bénédiction », explique-t-elle.

Changement de paradigme

Mais très vite, elle ressent le besoin d’élargir le sujet, autant sur le fond que sur la forme. L’âge ne se résume pas qu’à l’apparence physique. Et l’animation d’un blog ne saurait décemment pas se restreindre à rédiger des articles sans audience critique pour les faire exister. Pour donner de la visibilité à ses messages, pour toucher un plus large public, pour prouver par « A+B » que l’expérience est un atout clé pour réussir dans la vie, elle se retrousse les manches et s’inscrit à l’IFOCOP après avoir négocié une rupture conventionnelle auprès de son précédent employeur. « Mon conseiller Pole Emploi était stupéfait. Il s’imaginait que je me laisserais glisser jusqu’à mes fins de droits pour ensuite couler une paisible retraite », s’amuse Anne qui, finalement, opte alors pour un virage à 360 degrés. Elle reste malgré tout dans sa zone de confort (la Silver Eco et le mieux vieillir), mais saute à pieds joints dans la « zone rouge » : ce géant méconnu qu’on appelle Internet… et qu’elle entend apprivoiser.

Le choix de l’e-learning

Elle choisit la formule e-learning pour une question de confort : pas de temps perdu dans les transports (en région parisienne, c’est précieux), des modules à suivre à son rythme, et un environnement de travail fidèle à l’exercice du métier en freelance, comme elle se projette déjà de le faire. Pour les aspects « techniques », des sessions en présentiel avec un formateur IFOCOP viennent compléter l’enseignement, dont elle apprécie le caractère très opérationnel. En fil rouge de son projet, l’animation d’un nouveau blog (le sien, cette fois !) qui la conduit de la rédaction d’articles aux process de « viralisation » sur les réseaux en passant par les paramétrages techniques les plus divers. « Et un peu de SEO par curiosité personnelle pour parfaire le référencement », complète Anne, qui poursuit d’ailleurs en ce moment une formation complémentaire à la gestion d’entreprise. Objectif : « muscler » sa petite EURL, constituée dès l’issue de sa certification IFOCOP. Car oui, plutôt qu’une retraite oisive, elle a choisi de se maintenir active. Son association et son blog vont bon train (pour le découvrir, cliquez ici : vieillirbienvivant.fr) mais en plus, voilà maintenant qu’elle travaille en lien direct avec l’Australie pour le compte de son client, le premier… qui l’a repérée sur la toile grâce à son blog ! « Comme quoi, j’ai bien fait de miser sur la e-réputation », s’amuse Anne, qui réalise maintenant en tant que freelance des missions de content editing (newsletters, mailings à visée marketing…) pour une société spécialisée dans l’offre de sport-santé pour les seniors. « Mon expérience et mon profil personnel ont séduit ce client qui, d’évidence, a saisi la valeur ajoutée de profils comme le mien », analyse-t-elle.

Savoir à qui parler

Rappelons en effet que les « quinquas » et les « sexagénaires » sont peut-être qualifiés sur le marché de l’emploi de « seniors », mais qu’ils ne sont dans les faits que très rarement concernés par la fracture numérique ; qui concerne par contre, les septuagénaires et au-delà. « Ces gens-là, comme moi, sont sur Internet. Et il faut savoir leur parler, il faut les comprendre pour mieux les cibler. Or, un jeune diplômé tout droit sorti de l’école peut se montrer maladroit. Le jeunisme a ses inconvénients », poursuit Anne, qui n’en revient malgré tout pas de tels changements dans sa vie en si peu de temps. Elle se plait à penser qu’elle a tracé une ligne et que d’autres « seniors » comme elle oseront, sur la base de son témoignage, se lancer à leur tour. « Grâce à la formation, je suis crédible. Sans compter qu’en moins d’un an, je peux dire que je sais », s’amuse-t-elle en clin d’œil à notre proverbe de début d’article. Mais si elle connaît le chemin, elle s’est aperçue d’une chose : il n’est jamais tout tracé. « Et c’est tant mieux !», conclut-t-elle.

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