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Rencontre avec Isabelle Valles, une formatrice « Opaierationnelle »

Formatrice freelance en paie depuis plus de 12 ans après plusieurs années en tant que consultante et responsable RH / paie pour le compte de grandes entreprises, Isabelle intervient aussi auprès des apprenants ifocop des parcours RH et comptable pour qui la paie représente un élément incontournable de la formation. Son objectif : transmettre les clés d’un métier exigeant, mais aussi dédramatiser la fiche de paie et former les futurs professionnels autant au niveau de leur savoir-être que de leur savoir-faire.

Isabelle, vous enseignez exclusivement à des adultes. Comment distingueriez-vous cette pédagogie de celle qui s’applique à nos ados et enfants ?

Je m’appuie tout simplement sur un constat : je m’adresse à des adultes qui sont là de leur plein gré et qui s’engagent dans leur formation par nécessité de progresser ou de se reconvertir. Pour eux, j’ai recours à une pédagogie active, qui implique de les rendre « acteurs ». Je raisonne donc en sens inverse : je pars du principe qu’ils savent des choses. Je leur expose donc un problème, puis je pose des questions et je fais ensuite appel à leur intelligence, à leur logique et à des connaissances enfouies au plus profond d’eux-mêmes, pour faire émerger des solutions. Et c’est à ce moment-là seulement que nous faisons appel, ensemble, à la théorie et aux règles qui s’appliquent au métier.

Votre méthode repose donc sur des études de cas pratiques.

Pas seulement. Mais effectivement, les études de cas pratiques sont très efficaces et vont permettre d’assimiler non seulement de nouvelles connaissances, mais aussi un raisonnement logique qui s’appliquera dans d’autres cas de figure. L’un des exercices que j’aime bien faire avec mes apprenants, c’est le jeu des 7 erreurs. Je leurs tends une fiche de paie supposée « parfaite » et leur demande d’identifier les erreurs, imprécisions, oublis. Ce qui est intéressant, c’est que cela permet non seulement de prendre conscience du caractère faillible d’un document supposé « exempt de la moindre faute », mais aussi de réaliser qu’on ne lit jamais assez son bulletin de paie, même quand on est soi-même dans le milieu des RH ! Et puis, quand on se forme à corriger, on développe un regard acéré, très utile quand plus tard on aura soi-même la charge d’éditer un bulletin de paie.

On ne lit jamais assez son bulletin de paie, même quand on est soi-même du métier »

Le bulletin de paie, surtout depuis la réforme Macron, n’est plus si compliqué qu’autrefois. Si ?

Il est devenu plus lisible pour le salarié car le but poursuivi par le président Macron est que chaque Française et chaque Français s’intéresse à sa paie et puisse la comprendre en un coup d’œil. Mais la simplification qu’on aura obtenu d’un côté, on l’aura perdu de l’autre. Je le dis clairement : cela a complexifié le métier du gestionnaire de paie. Les cotisations patronales simplifiées à l’extrême ont rendu le suivi plus complexe.

On apprend beaucoup de ses erreurs »

Peut-on se former à la paie même si on est totalement novice en la matière ?

Absolument. Le parcours pédagogique d’ifocop est adapté en fonction de la formation suivie, bien sûr, mais il demeure aussi accessible qu’efficace. Le principal, c’est de garder l’esprit ouvert et d’accepter que pour apprendre, on doit (se) faire confiance et nécessairement faire des erreurs. J’irai même plus loin en disant que ce sont les erreurs du passé qui font les meilleurs professionnels de demain.

Zéro tracas, zéro blabla.

(sourire) La paie, c’est juste un ensemble de règles, certes nombreuses et plus ou moins alambiquées, mais rien de plus ! Si on se trompe, on corrige, et voilà tout. L’anxiété est le pire ennemi du gestionnaire de paie, ça fait perdre du temps pour rien. Là où ça peut par contre devenir gênant, c’est quand on ne met pas ses connaissances à jour et qu’on multiplie les erreurs bulletin de salaire après bulletin de salaire… Cela peut avoir un impact néfaste sur le climat social de l’entreprise car ça laisse supposer qu’on cherche à léser le salarié.

Même si la plupart du temps, c’est non-intentionnel…

Ce n’est jamais intentionnel.

Et la formation permet d’éviter ça.

La formation initiale, comme la formation continue d’ailleurs, car il n’y a rien de plus mouvant que la paie. Les nombreux changements depuis le début de la pandémie nous l’auront prouvé. D’abord un taux qui change, ensuite une prime qu’on ajoute, puis des heures supplémentaires qu’effectue le salarié, et au-delà une erreur qu’on rattrape, un avantage qu’on négocie…

C’est beaucoup de pression sur les épaules d’un seul homme.

C’est pour cela qu’il existe des procédures de contrôle, des alertes infos pour la veille juridique, des outils pratiques pour nous aider dans la préparation des bulletins de salaire. Et même avec ça, des erreurs subsistent. Mais encore une fois, la perfection n’existe pas et il n’est nulle erreur qu’on puisse commettre sans pouvoir la corriger plus tard, sur le mois en cours ou sur le suivant.

Pour ifocop, vous intervenez en distanciel.

En distanciel, c’est simplement la méthode qui change, par rapport au présentiel. Par écrans interposés, on peut aussi être performant, mais il faut quand même être en capacité de mobiliser les outils pédagogiques adaptés, de dynamiser la classe. J’accorde pour cela une attention particulière au rythme, à la diversité des outils, aux interactions avec et entre les apprenants… J’encourage aussi ces derniers à allumer leur webcam car pour nous formateurs, parler à un écran noir, ça nous prive de tout un tas d’informations précieuses comme les expressions de visages, qui permettent de savoir si ce qu’on raconte, fait sens dans leur tête.

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