L’histoire commence en réalité encore plus tôt, avant le licenciement, dans les couloirs d’un premier emploi où la jeune chimiste découvre la HSE – Hygiène, Sécurité, Environnement. Mais sous un angle plutôt défavorable, en réalité. « J’ai découvert cet univers en m’insurgeant contre des règles absurdes mises en place par mon employeur de l’époque pour améliorer supposément nos conditions de travail. Cela, alors que mes collègues et moi-même les vivions unanimement comme une contrainte, sans pour autant refuser ni craindre le changement », se souvient-elle. Sophie, loin de se contenter de subir, se forge alors une conviction : ce métier doit s’assurer de prendre réellement en considération les réalités du salarié, pas uniquement celles de l’entreprise. Elle se dit : « Il doit être possible de trouver un compromis entre ce qui doit être fait et ce qui peut l’être ».
Ces mots sonnent aujourd’hui comme un manifeste pour Sophie qui, à l’issue de son parcours de reconversion, vient d’être recrutée comme Coordinatrice HSE dans une entreprise du secteur industriel automobile. « QHSE, HSE… Dans les deux cas, on vise le progrès par l’adhésion, pas par le rejet », analyse-t-elle, comme pour insister sur cette philosophie qui guidera désormais sa vision du métier. Et c’est justement ce déclic, cette conviction que la QHSE ne doit pas être une imposition mais une co-construction, qui l’anime aujourd’hui. En d’autres termes : s’il y a encore parfois un fossé entre la théorie des normes et la réalité du terrain, Sophie veut le combler.
Un congé de reclassement comme tremplin
Retour en 2024. Suite à son licenciement économique, elle bénéficie d’un congé de reclassement. L’entreprise finance sa formation. Elle s’oriente spontanément vers le métier de Responsable QHSE, découvre ifocop, retient une formule distancielle et accélérée en phase avec ses aspirations. « Repartir pour un ou deux ans d’études alors que je sortais à peine du circuit universitaire… Hors de question », dit-elle. Elle a, par ailleurs, une vie en Champagne-Ardenne, des contraintes familiales, l’envie de garder un équilibre.
Les commentaires sur le site officiel d’ifocop la rassurent : la rapidité, l’efficacité, voilà ce qui fait pencher la balance. La formule retenue : six mois de formation intense, dont trois à distance avec le centre de Bordeaux, suivis de trois mois d’application en entreprise. « C’est court, c’est même très court, mais c’est vraiment enrichissant », reconnaît-elle. Le rythme : début des cours à 9h, clôture à 17h avec 1h de pause pour le déjeuner.
On n’a pas le temps de s’ennuyer »
L’intensité aurait pu la décourager. « Surtout avec les contraintes de la vie familiale et personnelles qui s’ajoutent au tableau, qui ont failli en décourager quelques-uns ». Mais Sophie et ses camarades de promotion tiennent bon. Elle souligne l’importance de l’accompagnement : « Des formateurs très à l’écoute, qui nous ont aidés à nous accrocher car au début, c’était ardu ».
Ce qui ressort aussi de son témoignage, c’est la puissance du collectif. « On avait pas mal de travaux en groupe, on se retrouve en vérité assez rarement en individuel, si ce n’est pour réviser. Clairement, ça renforce la cohésion », note-t-elle. Même en distanciel, Sophie n’a jamais eu l’impression d’être seule face à son écran. « On travaille en petits groupes, en partage de compétences, tout est conçu pour que ce soit interactif » Voilà ce que Sophie cherchait : du concret. Pas seulement de la théorie standardisée, mais des histoires, des cas réels, des erreurs et des succès vécus. De quoi nourrir sa propre vision d’une QHSE au service des salariés.
On travaille en petits groupes, en partage de compétences, tout est conçu pour que ce soit interactif »
La période d’application pratique : une enquête grandeur nature
Puis vient la période d’application pratique en entreprise. Trois mois dans une entreprise d’usinage et métallurgie. Sophie a essuyé quelques refus avant de décrocher cette opportunité. Mais l’attente en vaut la peine. « J’ai apprécié l’équipe, très ouverte sur mon parcours de reconversion, très investie dans la discussion, très pédagogue », raconte-t-elle avec gratitude. C’est là, sur le terrain, que tout prend sens. « J’ai apprécié certaines missions, notamment celle qu’on m’a confiée sur le tri des déchets, où il fallait enquêter, identifier les failles, proposer des solutions… ». L’approche investigatrice plaît à l’ancienne chimiste. Observer, analyser, comprendre les dysfonctionnements, puis observer les résultats sur le terrain, constater l’amélioration. Et de conclure avec une simplicité désarmante : « Simplement un travail où on se sent utile ».
Utile. Le mot est lâché. C’est ça que Sophie cherchait. Pas seulement un emploi, mais un métier qui a du sens. « Améliorer la santé et la sécurité des salariés, mais aussi la performance de l’entreprise, c’est cohérent, pertinent, possible », résume-t-elle. Les deux ne s’opposent pas, au contraire, ils se renforcent. C’est toute la philosophie de Sophie : le compromis gagnant-gagnant.
Un nouveau départ
À l’issue de sa formation, Sophie ne perd pas de temps. Elle postule à une offre et décroche un CDI en moins de trois mois. La voilà Coordinatrice sécurité en risques chimiques dans une industrie automobile située en Savoie. Le processus de recrutement a été méthodique et rigoureux : « Un premier entretien avec les responsables d’équipe HSE. Ils recherchaient un profil lié à la chimie ». Bingo. Le Master II en chimie analytique n’était pas un hasard, il devenait un sésame. Second entretien avec la Responsable des Ressources Humaines. Puis visite sur site pour découvrir l’entreprise, découvrir les contraintes. Sophie apprécie cette transparence. On lui montre la réalité du terrain avant qu’elle ne s’engage. Elle bénéficie aussi, à l’occasion de sa visite, d’un entretien avec le directeur HSE, au sein du service QHSE. Trois étapes, trois validations. Le poste est pour elle. « Je me sens bien équipée grâce au cumul de mes expériences », confie-t-elle. Ses années en pharma, son Master, sa formation ifocop : tout se complète. Elle ne part pas en terrain inconnu, elle arrive armée.
Il ne faut pas avoir peur de parler des anciennes expériences. Ces acquis sont transférables, on peut clairement les valoriser face au recruteur ».
Les conseils d’une convertie
Nous avons demandé à Sophie ce qu’elle dirait aux potentiels futurs apprenants qui hésiteraient encore à se reconvertir dans ce domaine de la QHSE. Elle répond spontanément : « Foncez, renseignez-vous bien sûr. Mais ne choisissez pas votre stage par dépit, c’est un pivot pour la suite ». Elle complète : « Jouez la carte de la transparence au sujet de votre parcours, donnez des exemples de projets, illustrez pour aider l’autre à se projeter avec vous. J’insiste : il ne faut pas avoir peur de parler des anciennes expériences. Ces acquis sont transférables, on peut clairement les valoriser face aux recruteurs ! ».
Et pour les profils seniors ? « Avec l’âge vient le bagage », conclut-elle avec sagesse. À 29 ans, Sophie n’a pas l’impression d’avoir « tout » recommencé. Non, de son point de vue, comme du nôtre, elle a ajouté une corde à son arc. Elle a transformé une épreuve en opportunité. Elle a refusé de subir pour devenir actrice de son parcours. Et surtout, elle a trouvé un métier qui résonne avec ses valeurs : l’écoute, le compromis, l’adhésion. « La HSE ? Pas avec moi », jurait-elle il y a quelques années. Aujourd’hui, c’est avec elle que les choses changent.
TOP 3
Nous avons demandé à Sophie son top 3 des coups de cœur de la formation.
- Le module sécurité. « C’est mon univers de prédilection », dit-elle en premier lieu. Normal pour celle qui veut faire de la prévention sa raison professionnelle d’être.
- « La qualité du module Qualité », ajoute-t-elle avec un sourire, consciente du jeu de mots. Des cas pratiques, des réponses claires, voilà ce qu’elle a aimé.
- Les formateurs. « La qualité des formateurs, des professionnels en exercice qui travaillent dans le domaine en parallèle des cours qu’ils donnent, des passionnés qui interviennent en tant que consultant avec une approche terrain, concrète, cartésienne. On bénéficie de leurs retours d’expérience ».