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Alternance : les raisons du succès

Apprendre les spécificités d’un métier tout en s’immergeant dans le monde de l’entreprise, tel est le combo gagnant de l’alternance, dispositif de formation qui voit ses contrats croître largement en France depuis l’an dernier. Pour quelles raisons ? Avec quels débouchés ? Explications avec Patrice Guezou et Jean-Philippe Cépède, respectivement Directeur général et Directeur juridique de Centre Inffo.

L’alternance, une voie de garage ? Si, par le passé, l’alternance souffrait d’un déficit de popularité, étant considérée pour beaucoup comme une formation pour élèves en difficultés, la situation a bien changé ces dernières années. En 2020, 525 600 contrats d’apprentissage ont été conclus, soit une augmentation de 42,5 % par rapport à 2019. Fin août 2021, le nombre de nouveaux contrats d’apprentissage a même atteint les 206 100 dans le champ public et privé, contre 127 100 à la même période l’année précédente.

« Une partie des freins relatifs à l’apprentissage et à son développement en France étaient culturels avant même d’être financiers, explique Patrice Guezou, directeur général de Centre Inffo, association sous tutelle du ministère en charge de la Formation professionnelle, dotée d’une mission de service public dans le champ de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles. C’était d’abord un engagement fort du Président de la République que de contribuer au développement de l’apprentissage. Ce fut ensuite relayé par une puissante communication gouvernementale, laquelle a atteint son but : les entreprises et les familles. L’alternance peut devenir, si l’effort de la nation est maintenu, une modalité d’accès pérenne et constante à une formation professionnalisante et au marché du travail. »

Mesures facilitantes et aides financières de l’Etat

La forte augmentation des contrats en apprentissage est notamment la résultante des mesures prises à l’occasion de la Loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Cette loi a en effet promulgué un grand nombre de propositions facilitant le développement de l’apprentissage. Parmi lesquelles :

  • L’extension, à 29 ans révolus (au lieu de 26), de la possibilité de conclure un contrat en apprentissage ;
  • L’assouplissement de la règlementation des conditions de travail afin de faciliter l’intégration des jeunes apprentis dans l’entreprise ;
  • La revalorisation de la rémunération des apprentis de moins de 21 ans et de ceux de plus de 26 ans.

Des mesures, accompagnées par la mise en œuvre de nombreuses aides financières de la part de l’Etat, en fonction du contrat en alternance signé ainsi que de la date de la signature. Il peut s’agir, selon la situation, d’une aide unique aux employeurs apprentis, d’une aide exceptionnelle aux contrats d’apprentissage ainsi que d’une aide exceptionnelle aux contrats de professionnalisation. Depuis le 1er novembre (et jusqu’au 30 juin 2022), une prime de 8 000 euros (maximum) est également versée aux employeurs qui embauchent en contrat de professionnalisation une personne d’au moins 30 ans inscrite à Pôle emploi depuis au moins un an. À partir du 1er juillet 2022 et jusqu’au 31 décembre 2022, l’aide concernera aussi les chômeurs de moins de 30 ans.

« Par l’accent mis sur l’accès à l’emploi facilité et grâce à la valorisation par les entreprises elles-mêmes du dispositif, l’alternance a pris, aux yeux des familles, une dimension culturelle positive, ajoute Patrice Guezou. Et si elle a acquis ses lettres de noblesse, c’est aussi que l’on a réhabilité la situation de travail comme un lieu d’apprentissage, favorable à l’acquisition de connaissances et de compétences. »

Un bénéfice double, pour l’apprenant comme pour l’entreprise

Selon une étude du Cereq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), parue en avril dernier, l’alternance est également devenue une voie efficace pour intégrer rapidement le marché du travail. 43 % des étudiants ayant préparé un CP en apprentissage débutent ainsi leur premier emploi en CDI dans l’entreprise dans laquelle ils se sont formés, contre 21 % pour ceux ayant suivi la voie 100 % scolaire. Les étudiants ayant préparé leur BTS ou leur licence professionnelle en apprentissage sont quant à eux 50 % à être embauchés en CDI (contre 29 %). « L’enjeu majeur du développement de l’apprentissage dans l’environnement économique français est de former des jeunes constamment même si on ne recrute pas, tempère néanmoins Patrice Guezou. Le changement culturel sera évident lorsque nous serons véritablement dans la logique de la responsabilité de l’entreprise de former continûment par le canal de l’apprentissage. »

Dans un contexte redevenu favorable – le nombre de demandeurs d’emploi est redescendu en octobre légèrement en dessous du niveau atteint en décembre 2019 –, l’alternance s’affirme comme une excellente alternative aux voies traditionnelles de formation. « Il y a une culture de l’alternance dans certaines branches, mais pas dans toutes, mesure toutefois Jean-Philippe Cépède, Directeur juridique à Centre Inffo. Peut-être que l’épisode que l’on vient de traverser va porter ses fruits dans la durée, mais c’est encore trop tôt pour le mesurer. Mais on peut nourrir l’espoir que les entreprises continuent à maintenir un haut taux de de recrutement dans le cadre de ces contrats en alternance. »

« Pour les entreprises, l’alternance est un facteur facilitant car elles ont la possibilité de se faire connaître auprès des jeunes, d’affirmer leur marque employeur, de créer les conditions d’une adaptation à l’environnement de l’entreprise tout au long de la formation et de commencer à préparer le futur collaborateur à l’exercice de ses missions, conclut Patrice Guezou. L’écosystème qui a été construit a fortement incité à donner une image positive de l’apprentissage. Tout l’espoir que nous fondons, c’est que cela soit un acquis et pas seulement la résultante des aides de l’Etat. »

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