Témoignages et avis

Humanitaire, politique, formation en alternance : les mille vies de Lorraine

Publié le 11 mars 2026

Il y a parfois, dans les récits que nous vous livrons chaque mois, des trajectoires qui semblent inexplicables et qui, pourtant, sont paradoxalement très cohérentes. Des vies construites à contre-courant, par accumulation de défis relevés, de continents traversés, d’identités endossées. Lorraine, 34 ans, habitante de Saint-Denis, est de celles-là. Aujourd’hui en contrat de professionnalisation (par alternance) au Parti Socialiste, elle prépare avec ifocop son titre d’assistante de direction. Une phrase qui, sortie de son contexte, ne dit rien de l’étendue du chemin parcouru… Portrait.

L’histoire avait mal commencé et pourtant, c’est une belle, même une très belle success story que nous vous racontons aujourd’hui. Cette histoire, c’est celle de Lorraine, une jeune trentenaire résiliente et combative.  Après avoir franchi, un jour, la porte de notre centre de formation de Rungis pour parler de ses projets d’avenir, elle nous aura marqué par sa détermination, mais aussi par son histoire personnelle. Elle illustre par ailleurs avec intensité comment ifocop se positionne fièrement, depuis bientôt 60 ans, aux côtés de toutes celles et ceux qui ont choisi de s’offrir une deuxième chance.

 

Avec son accord, nous vous racontons son parcours.

Lorraine a 9 ans quand sa mère disparaît. Son père, humanitaire, est mort en mission avant elle. En quelques mois, la petite fille se retrouve orpheline, confiée à l’Aide Sociale à l’Enfance. Ce que d’autres porteraient comme une blessure définitive, elle le transforme, des années plus tard, en véritable moteur. « Je ne pouvais quand même pas me laisser définir par cette tragédie », dit-elle sobrement.

Pas de pathos dans sa voix. Juste un constat lucide, celui d’une femme qui a appris très tôt que la vie ne fait pas de cadeaux mais qu’elle offre, parfois, des leçons que personne d’autre ne peut enseigner avec une telle force. Et c’est justement ce passage par les services sociaux qui, plus tard, nourrira l’un des chapitres les plus singuliers de son histoire : la fondation d’une association humanitaire en pleine pandémie, à destination des orphelins du Congo. Mais nous en reparlerons un peu plus loin dans cet article.

 

Le bac pro, l’alternance, et la vie qui bouscule les plans

Retour en 2009. À 17 ans, Lorraine s’oriente vers un bac professionnel commerce. La voie générale, elle en rêve, mais sa réalité de l’époque ne le lui permet pas. Elle s’applique malgré tout, obtient son diplôme et découvre dans l’alternance un mode d’apprentissage qui lui correspond : concret, ancré dans le réel, rythmé par l’aller-retour entre la théorie et le terrain. Une révélation qu’elle retrouve aujourd’hui, et donc quinze ans plus tard, chez Ifocop.

Entre-temps, la vie s’accélère. Elle rencontre son mari, le footballeur professionnel Distel Zola. Les déménagements s’enchaînent, au rythme des contrats et des clubs. Trois enfants arrivent. Elle tente une entrée en école de commerce, s’apprête à valider une première année de marketing, mais doit à nouveau s’interrompre pour suivre son époux. « Impossible de me stabiliser. Je me suis dévouée à mon mari à mes enfants, sans pour autant abandonner mes rêves », dit-elle. L’équilibre entre les deux, elle l’a cherché longtemps.

 

Texas, Congo, Assemblée nationale

En 2019, Le couple pose ses valises aux États-Unis pendant deux ans : El Paso, Texas, puis Charlotte, Caroline du Nord. C’est dans ce contexte de vie suspendue entre deux continents que Lorraine trouve, paradoxalement, son ancrage. En 2020, elle fonde Banazola, qui signifie « les enfants de l’amour » en lingala. Clin d’œil de l’univers, Zola, c’est aussi le nom de son mari… Cette association dédiée aux orphelins du Congo, grandit vite, très vite : rénovation d’une école à Kinshasa, soutien à deux orphelinats et une pédiatrie, délivrance d’important stocks de médicaments contre le paludisme… Des partenariats improbables se nouent même avec l’AS Monaco et le très sérieux World Food Programme.

Le sport, comme langage commun, source de discipline, de persévérance et d’esprit d’équipe, devient l’outil de développement de son projet humanitaire. « Pourquoi le sport ? Parce qu’il cultive la discipline et le dépassement de soi, deux choses essentielles à ma vie, à ma survie », explique-t-elle. Et elle sait de quoi elle parle. Convoquée, un jour, à l’Assemblée nationale par le président du groupe d’amitié France-RDCongo dans le cadre de ses fonctions associatives (elle disposait d’un accès aux camps de réfugiés), elle rencontre des députés, se fait repérer pour son travail et devient même attachée parlementaire pendant un an ! Un poste qu’elle occupait encore récemment, qu’elle n’avait pas planifié, mais qui ne surprend plus personne dans son entourage.

 

J’ai vécu, j’ai appris, j’apprends encore »

 

La certification, seule pièce manquante

Lorraine a tout fait à l’intuition. Community management, organisation d’événements, gestion de voyages, communication, coordination logistique internationale… Elle a les compétences. Elle le sait. Mais le monde, lui, demande des preuves sur papier. « Pour intégrer un organisme onusien, il faut être diplômé. La certification devient incontournable ». À ce moment-là, Lorraine choisit de prendre un pas de recul. Non pour s’éloigner de ses engagements, mais pour se donner le temps de se perfectionner. L’association continue d’exister, mais elle sait qu’avant d’envisager la suite, elle doit renforcer ses bases et structurer ses compétences.

Ces dernières années, elle également aura exploré plusieurs opportunités, notamment pour des postes d’assistante de direction. Ses compétences organisationnelles, son adaptabilité et sa maîtrise des outils numériques sont saluées lors des échanges. Toutefois, dans ce secteur, la certification demeure un repère important pour les recruteurs, qui privilégient souvent les profils diplômés. Plutôt que de chercher un raccourci, elle fait un choix clair : se former pour se certifier. La VAE ? Cela ne l’attire pas.

Elle préfère « consolider ses acquis, approfondir ses pratiques et mettre des mots » sur ce qu’elle maîtrise déjà intuitivement. Cette période devient alors un temps d’apprentissage et de structuration. Une année pour renforcer les bonnes habitudes, affiner ses méthodes et transformer l’expérience accumulée en compétences pleinement reconnues. « Non pas repartir de zéro, mais donner un cadre et une légitimité à un savoir-faire déjà bien ancré », précise Lorraine.

 

Ifocop : l’évidence

Lorsqu’elle décide de franchir le pas de la formation certifiante Assistant(e) de direction, elle ne tâtonnera pas longtemps pour retenir, dans la foule des organismes agrémentés, son centre de formation. « Ifocop s’est imposé d’évidence comme le choix le plus serein. J’ai vu les partenariats avec les entreprises, les grands noms internationaux, le potentiel de réseau, de stage, les témoignages des anciens… Et surtout, j’ai ressenti l’état d’esprit du format : humain, connecté » avec son époque et avec son environnement », dit-elle.

Ce qui la convainc, c’est précisément le modèle pédagogique qu’elle avait déjà expérimenté à 17 ans : la mise en pratique immédiate, le feedback permanent entre l’école et l’entreprise, l’aller-retour entre terrain et formation. « Les formateurs, aussi, qui travaillent ! Qui sont des professionnels en exercice dans le métier qu’ils contribuent à nous enseigner. Ils ne sont pas des seulement des théoriciens, ils sont des praticiens convaincus et passionnés, ce qui fait d’eux d’excellent pédagogues ! », estime-t-elle.

La pédagogie collaborative la stimule. Elle apprécie aussi l’outillage méthodologique proposé par la formation. Si Lorraine avait déjà expérimenté le travail collaboratif sur le terrain, elle en explore ici toute la richesse et les méthodes. L’organisation, la planification, les outils digitaux… « Là où j’avais des lacunes, je construis des forces. Là aussi Ifocop m’apporte énormément. ».

Elle complète : « Jusqu’à l’intelligence artificielle intégrée dans la formation, Ifocop est dans l’air du temps. On fait même de l’IA, qui fait partie des outils à maîtriser en 2026 »

 

Au Parti Socialiste, le bras droit, pas l’assistante !

En alternance (trois jours en structure d’accueil et deux jours à l’école), Lorraine poursuit aujourd’hui sa formation au sein du Parti socialiste. Une immersion qui lui permet d’observer de près le fonctionnement du monde politique. « Mon parcours dans l’humanitaire m’a conduite à m’intéresser à ces lieux où les décisions publiques prennent forme. Humanitaires et responsables politiques se rencontrent souvent autour d’un même objectif : porter des réalités de terrain et faire entendre certaines voix », dit-elle.

Ses missions y sont variées, à l’image de la fiche de poste d’une Assistante de direction : gestion d’agenda, planification, préparation des municipales, communication… « On ne connaît pas la routine. Ça va avec mon profil terrain. », résume Lorraine. Elle a une vision très claire de ce qu’elle veut devenir. « Il y a, selon moi, deux types d’assistante de direction : d’une part, l’assistante administrative ; de l’autre, celle qui devient l’alliée fidèle, le bras droit du dirigeant. Je veux être de celles-là », dit-elle franchement.

« Les compétences, Lorraine les a forgées sur le terrain. Ce qu’ifocop lui offre, c’est la légitimité de les revendiquer » Être au cœur des décisions, au plus proche de la direction, comprendre les enjeux avant même qu’ils soient formulés. C’est cette posture-là qu’elle construit, méthodiquement, au fil de chaque semaine d’alternance. Et pour demain, de quoi rêve-t-elle ? D’association, toujours. D’engagement, avec certitude. D’envergure, assurément.

 

Je pense que ce diplôme va renforcer ma confiance et m’ouvrir les quelques portes qui, jusqu’ici, restaient fermées », confie-t-elle.

 

Une phrase rare chez quelqu’un dont le parcours pourrait nourrir bien des portraits. Car au fond, la leçon de Lorraine est simple : ses compétences, elle les a forgées sur le terrain. Ce qu’ifocop lui offre aujourd’hui, c’est la légitimité de les revendiquer.

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